CAMPAGNE D’EVANGELISATION DE LA COMMUNAUTE FAMILLE CHRETIENNE POOL EUROPE 2026/BRUXELLES
« LES SOLUTIONS FACE AU DEFI DE L’IDENTITE CHRETIENNE AUJOURD’HUI ».
« Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ». (Actes, 1, 8).
Introduction
Depuis le vendredi, nous sommes réunis pour rechercher comment les familles chrétiennes devraient vivre véritablement leur identité, spécialement dans le contexte de l’Occident.
Il nous a d’abord été rappelé l’identité du laïc dans l’Eglise et la vocation des familles chrétiennes. Nous avons ensuite recherché l’identité chrétienne face aux adversités du monde actuel.
Aujourd’hui, notre intervention consistera à proposer des « solutions face au défi de l’identité chrétienne aujourd’hui ».
Identité chrétienne en Occident : un problème réel avec des solutions possibles
Le thème de l’identité chrétienne est plus qu’actuel dans le contexte de la vie en Europe. Être chrétien aujourd’hui, ici en Europe, n’est pas évident, on l’a vu : sécularisation de la société, réduction de la sphère religieuse à la vie privée, confusion du christianisme à une simple donnée culturelle, « concurrence » des autres religions, etc…
Il y a quelques semaines, nous avons fêté la Pentecôte, considérée comme l’événement fondateur de l’Eglise. A cette occasion, notre attention a été particulièrement attirée par l’homélie du Cardinal-Archevêque Rainer Maria WOELKI, de Cologne (Allemagne). Il a centré cette homélie précisément sur « la redécouverte de l’identité chrétienne et l’appel à un nouvel élan missionnaire ».
Après avoir rejeté tout découragement face au tableau négatif que semble présenter le christianisme en Europe, il a rappelé la nécessité d’une confiance au Saint-Esprit qui peut raviver la foi collective. Et surtout, il a défendu un christianisme assumé, décomplexé, conscient de sa propre identité. Enfin, il a invité les catholiques à afficher ouvertement leur foi dans la société actuelle.
Voilà pourquoi, au lieu de parler de solutions au cours de notre intervention, nous parlerons plutôt de pistes pour orienter la réflexion et, peut-être, l’engagement de chacune et chacun de vous. Et nous le ferons en 3 étapes, en restant très proche des convictions que nous partageons au sein de notre association.
Première étape : le niveau individuel.
C’est quoi : être chrétien ? Il faut affirmer haut et fort que ce n’est pas d’abord une question culturelle : on est né dans une famille, voir un milieu où l’on partage des valeurs chrétiennes ; on a toujours été chrétien de père à fils, de mère à fille. Non. Être chrétien, c’est d’abord une expérience de vie, une rencontre avec un être vivant, une adhésion à quelqu’un qui donne un sens à la vie et qui invite à s’engager en sa faveur. Cette personne porte un nom : c’est Jésus-Christ.
Beaucoup de chrétiens le sont par habitude : ils ont reçu le baptême, peut-être dans l’enfance ; puis la première communion ; puis la confirmation. Tout cela durant l’enfance. Par la suite, ils n’ont jamais fait l’expérience de cette rencontre personnelle, d’un choix personnel et réfléchi.
Au sein de la Communauté Famille Chrétienne, nous invitons nos membres à faire cette expérience, grâce à une formation dénommée « séminaire d’acceptation », que nous avons d’ailleurs hérité et adapté du Renouveau Charismatique, qui lui-même l’a hérité du protestantisme. Ce séminaire consiste en des enseignements résumant l’Histoire du Salut en 4 lois spirituelles. Et ce qui est le plus important, c’est qu’à l’issue de ce séminaire, l’adhérant est invité à accepter Jésus-Christ comme son Seigneur et son Sauveur personnel. Par ce fait même, il décide de lui confier la direction de sa vie toute entière.
Mais cela ne suffit pas. En effet, il existe une réalité à ne pas occulter : le chrétien catholique ordinaire ne reçoit pas une formation spirituelle, et encore moins doctrinale, après sa première communion et sa confirmation. Pour pallier à cet état de fait, notre association organise une série d’enseignements appelés « séminaire des affermissements ».
Ici, il s’agit de donner à l’adhérant une base doctrinale réelle qui lui permette de s’ancrer réellement dans la vie chrétienne et de devenir un chrétien « vertébré », sachant à quoi il s’engage et vivant de convictions réelles.
Enfin, une dernière étape consiste en un séminaire spécialisé dans le cadre de la spiritualité du renouveau charismatique : le « séminaire d’effusion du Saint-Esprit ». En tant que chrétiens charismatiques, c’est-à-dire croyant en l’action du Saint-Esprit dans nos vies, nous recevons une série d’enseignements sur le rôle et la place du Saint-Esprit dans la vie du chrétien.
Ce séminaire se termine par une prière pour une effusion du Saint-Esprit dans la vie du chrétien. D’autres vont jusqu’à appeler cette expérience « le baptême du Saint-Esprit ». Normalement, cette expérience change la vie du chrétien concerné.
A quoi sert tout ce rappel ? Il sert à montrer qu’il existe déjà des solutions pouvant donner aux chrétiens la force de faire face au défi de l’identité chrétienne aujourd’hui.
Car le problème est qu’il y a chez beaucoup de chrétiens comme une gêne, ou même plus, comme une peur à s’afficher chrétiens. Cela se remarque d’ailleurs plus encore chez les chrétiens catholiques. Il n’y a aucun prosélytisme à montrer sa foi chrétienne. Pour autant que la vie chrétienne remonte effectivement à sa foi en Dieu.
Chaque chrétien devrait reprendre à son compte cette expérience de la Pentecôte, et recevoir « cette puissance survenant sur lui, le Saint-Esprit… qui fasse de lui un véritable témoin de Jésus-Christ ». De sorte qu’il arrive à comprendre que la Parole de Dieu n’est pas soumise aux changements du temps, ni aux évolutions culturelles ou sociales. Les valeurs issues de la Parole de Dieu sont immuables et traversent le temps, car Celui qui se trouve être leur fondement, Jésus-Christ, ne change pas et reste « le même hier, aujourd’hui et demain » (Hébreux 13, 8).
Cette même parole prévient : « Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères ; car il est bon que le cœur soit affermi par la grâce, et non par des aliments qui n’ont servi de rien à ceux qui s’y sont attachés… ». (Hébreux 13, 9).
En résumé donc, pour reprendre les paroles de l’archevêque cité ci-haut : tout chrétien, habité par le Saint-Esprit devrait vivre un christianisme assumé et décomplexé. C’est-à-dire que chaque chrétien est appelé à être réellement un témoin. Rappelons ici cette parole de Jésus lui-même : « Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Flis de l’Homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges ». (Marc 8, 38).
Deuxième étape : le niveau familial et social.
Le thème de notre Campagne d’Evangélisation, c’est « Familles chrétiennes, vivez véritablement votre identité ».
Le message de cette campagne s’adresse donc d’abord aux familles. Non seulement parce que notre association a pour charisme la défense et la promotion de la Famille, mais surtout parce que la Famille occupe une place spéciale dans la société.
Or, il apparaît clairement que la Famille traverse une crise grave dans le monde d’aujourd’hui. Surtout ici, en Europe. Et ce n’est pas par hasard que, depuis le Pape Jean-Paul II, tous les Papes se préoccupent d’une manière particulière de la question de la Famille. Le Pape François, d’heureuse mémoire, a convoqué 2 Synodes des Evêques sur la Famille. En octobre prochain, « le Pape Léon XIV va convoquer les Présidents des Conférences Episcopales du monde entier à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Evangile aux familles ».
A la suite de ses prédécesseurs, le Pape Léon XIV rappelle que « la famille est le fondement de la société face aux transformations rapides ». « La famille n’est pas une construction sociale évolutive à volonté, mais un don structurant voulu par Dieu ». De ce fait, il y a une dimension ecclésiale de la famille décrite comme une « Eglise domestique ». C’est pourquoi la famille n’est pas seulement un lieu privé de transmission, mais un véritable sujet de la mission de l’Eglise.
Continuons à citer le Pape Léon XIV : « Notre temps est marqué par des transformations rapides qui affectent profondément les familles ». Face à ces mutations, le Pape Léon XIV appelle à « renouveler et approfondir » l’engagement de l’Eglise. Dans ce cadre, il insiste sur le rôle irremplaçable des familles elles-mêmes dans la mission. Il dira que l’Eglise « ne peut devenir sel de la terre » sans les fidèles laïcs, et en particulier les familles.
Nous voyons là, déjà, d’une certaine manière, tracées le pistes marquant une identité claire de la Famille chrétienne. En même temps, nous prenons conscience de la grave responsabilité d’une association comme la nôtre dont le charisme déclaré est « la sanctification de la famille ».
Nous savons qu’il existe aujourd’hui, dans la société où vous vivez plusieurs sortes de familles. Mais au nom de la liberté religieuse proclamée par tous les documents officiels régissant votre société, nous avons fait notre choix. Et nous avons le droit de demander que ce choix soit respecté, tout comme nous aussi nous respectons le choix fait par d’autres.
La Famille, pour nous, est celle composée d’un père, d’une mère et des enfants. Et notre choix se base sur la Parole de Dieu. « Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance ; homme et femme, il les créa ». (Genèse 1, 27).
La différence sexuelle vient donc de Dieu. Et Il en tire aussitôt une conséquence : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez… ». (Genèse 1, 28).
De cette différence sexuelle vient une conséquence pour le mariage et la famille. Nous connaissons le deuxième récit de la création dans lequel Dieu crée la femme à partir d’une côte retirée à Adam, pour montrer l’égalité de nature et de dignité entre l’homme et la femme. Et il est écrit ensuite : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme et les deux deviendront une seule chair ». (Genèse 2, 24).
Pour sa part, Jésus ira jusqu’à préciser, en rappelant cette parole dite depuis le commencement : « Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare point ce que Dieu a uni ». (Matthieu 19, 6).
L’identité des Familles Chrétiennes, c’est donc d’abord cette unité de l’homme et de la femme, fondé sur un amour partagé, ouvert sur la progéniture.
L’identité des Familles Chrétiennes, c’est ce témoignage d’une vie de bonheur partagé, qui montre que cette invention de Dieu qu’est le mariage, et donc la famille, n’est pas un lieu pour souffrir, mais un lieu pour être heureux.
L’identité des Familles Chrétiennes, c’est ce cadre créé par les deux conjoints pour transmettre à leur progéniture des valeurs chrétiennes, dont ces deux commandements qui résument toute la vie chrétienne : « aimer le Seigneur son Dieu, de tout son cœur, de toute son âme, et de toute sa pensée » ; « aimer son prochain comme soi-même ». (Matthieu 22, 35-40).
L’identité des Familles Chrétiennes, c’est donner à Dieu une place de choix en leur sein : croire que Dieu a toujours été vainqueur de tous les combats menés, car son nom est l’Eternel des Armée ; continuer à faire confiance à ce Dieu et croire qu’il n’est jamais loin de ses enfants ; lui rester fidèle dans les petites choses ; prier ensemble en famille et confier toute sa situation à Dieu.
L’identité des Familles Chrétiennes, c’est ce lieu où les parents forment leurs enfants à un discernement sur les nouvelles réalités qui se présentent à leur vie ; les invitent à bien intégrer dans leur vie ces nouvelles réalités et les amènent à ne pas en avoir peur ; leur apprennent à ne pas remettre en cause les acquis reçus des parents, ni à avoir peur de revenir à ceux-ci.
L’identité des Familles Chrétiennes, c’est ce milieu où la confiance entre parents et enfants est et reste une valeur essentielle dans l’équilibre de la vie familiale.
Troisième étape : l’apport des valeurs de l’Afrique
Dieu, dans sa préscience, a voulu que naisse en Afrique, un grand mouvement de défense et de promotion des valeurs familiales : la Communauté Famille Chrétienne. Ce mouvement, lentement, mais sûrement, s’ouvre aux autres continents. Va-t-il aller vers ces continents les mains vides ou va-t-il apporter quelque chose d’original aux autres ?
Face à la grande crise mondiale des valeurs, face à la grande crise qui frappe la Famille, l’Afrique a sûrement quelque chose à apporter. Les africains qui vivent en Occident ne devraient pas être de simples consommateurs, ou de simples prolongements des dérives reconnues de l’Occident. Ils devraient garder leurs valeurs propres, ou mieux en faire des valeurs universelles à partager.
Il est connu que l’Africain est un être religieux. Déjà en 2009, le Pape Benoît XVI avait affirmé que l’Afrique était dépositaire d’un inestimable trésor pour le monde entier : son sens profond de Dieu. C’est-à-dire que, généralement, l’Africain est un être croyant. Et c’est pourquoi, il ajoutera aussi que l’Afrique est « un immense poumon spirituel pour une humanité en pleine crise de foi et d’espérance ».
Sur la question de la foi et donc de la pratique religieuse, frères et sœurs africains, défendez votre identité. Ne vous conformez pas aux idées courantes, sous prétexte de modernisme. Protégez ce que vous avez reçu de vos ancêtres.
Concernant le domaine plus spécifique de notre charisme : le mariage et la famille, protégez les valeurs reçues : la famille issue d’un homme et d’une femme, ouverte à une progéniture souhaitée, attendue, acceptée et protégée.
Donc, s’il est vrai que ce monde occidental dans lequel vous vivez vous apporte toutes sortes de facilités, dans ses progrès sociaux indéniables, il est nécessaire aussi de rappeler votre devoir est de vivre dans ce monde occidental, non comme des personnes prêtes à gober tout ce que vous offre ce milieu de vie, mais comme des personnes qui, eux aussi ont un apport à donner, des valeurs à protéger.
De sorte que votre séjour dans ce milieu soit, en fait, comme l’a si bien dit en son temps, un grand africain, un rendez-vous permanent du donner et du recevoir.
Soyez une question, une interpellation pour ceux qui vous voient vivre, de sorte qu’ils voient en vous des modèles à imiter.
Je vous remercie.
Léon BOTOLO MAGOZA

Berger de la CFC

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