par Emmanuel BETUKUMESU

 I. Introduction

En effet, il nous arrive souvent d’entendre des choses, mais de ne pas écouter, à l’instar de ces disciples d’Emmaüs, qui du vivant de Jésus, ont entendu jésus parler mais n’ont pas su l’écouter, la preuve ; alors que Jésus leur parlait sans cesse de sa mort et de sa résurrection, voilà que Jésus vint à mourir, ils perdent espoir et rentrent chez eux à Emmaüs, il a fallu que Jésus leur apparaissent et leur explique tout ce qui a été écrit à son sujet pour que leurs yeux s’ouvrent et que leurs oreilles se débouchent et qu’ils comprennent finalement ce que Jésus leur disait de son vivant.
C’est pareil pour nous ; souvent nous entendons mais nous n’écoutons pas : Si aujourd’hui, nous demandons à 5 personnes de suivre les informations (communiqués) à la radio ou à la TV, les 5 personnes ne rapporteront pas la même information, nous risquerons d’entendre (d’écouter) 5 informations différentes. Si cela est vrai, il en est de même de la parole de Dieu, comme je l’ai dis plus haut (Mt.13, 1-9 : la parabole du semeur).

Voilà pourquoi déjà dans l’Ancien Testament Dieu insistait sur l’écoute : Deutéronome 6, 4- 10, Dieu s’adresse à son peuple en commençant par : « écoute », écoute, Israël : shema Israël, Adonaï Elohenou, Adonaï Ehad… : Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique… ce verset est donc la profession de foi traditionnelle d’Israël, appelé par son premier mot en hébreux : « Shema ». Cette profession de foi est l’une de plus importantes prières du judaïsme, à réciter en se levant, en se couchant (sur son lit, mais aussi sur son lit de mort), sur le chemin, dans son foyer et à enseigner à ses enfants. Cette prière a fortement frappé la culture populaire, qui l’associe au judaïsme, un peu comme le « Notre Père » l’est au christianisme ou la « Fatiha » à l’islam. Et Jésus l’a aussi prononcé dans Marc 12, 29.
Donc, l’attitude qui est d’abord demandée au peuple juif est « l’écoute ».
Jésus a bien parié de la manière d’écouter dans la parabole du semeur, nous pouvons nous demander aujourd’hui : « De quelle manière nous écoutons la parole de Dieu ? Avec distraction ? Avec intérêt ? Ou avec attention !

Pour nous chrétiens, nous devons écouter avec attention la parole de Dieu. « Luc 8,18a : faites donc bien attention à la manière dont vous écouter ! ».

Nous savons déjà qu’écouter, c’est accueillir avec faveur (ce que dit Dieu) jusqu’à apporter son adhésion totale. C’est ça écouter avec attention, parce qu’il y a une adhésion ou un intérêt qui nous pousse à écouter.

Donc, écouter avec attention, c’est accueillir la parole de Dieu avec concentration, c’est-à-dire s’en occuper, avoir confiance en elle. Car la Parole de Dieu est performative, comme le dit le Philosophe anglais John AUSTIN dans son ouvrage publié en 1962, intitulé : « Quand dire, c’est faire » où il parle des énoncés performatifs : ce sont ces énoncés qui accomplissent nécessairement ce qu’ils affirment : par exemple : lors d’un mariage, quand l’officier de l’état civil dit aux deux fiancés : « je vous déclare mari et femme », il ne se borne pas à constater cette union, mais il la réalise par le fait même de prononcer cette phrase. Et la Parole de Dieu fait partie de ces énoncés performatifs, d’où la nécessité de bien l’écouter.

Il faut savoir que « Entendre » et « Ecouter » sont deux choses différentes :

 II. Entendre et écouter sont deux choses différentes

  • Entendre se réfère au processus automatique par lequel les ondes sonores influent sur le tympan et mettent en action les petits organes de l’oreille moyenne et interne, pour convertir les ondes sonores en influx nerveux et les transmettre au cerveau afin qu’il les interprète.
  • Ecouter est quelque chose qui doit s’apprendre. Le processus de l’écoute consiste à prêter attention à ce que quelqu’un dit, à la musique qui est diffusée, ou simplement aux bruits, ou bien refuser d’y prêter attention. Ecouter exige un choix conscient de l’objet sur lequel nous voulons fixer notre attention.

 III. Erreurs commises lors de l’écoute

Bien de personnes, lorsqu’elles reconnaissent avoir une mauvaise mémoire, expriment sans le savoir qu’en réalité elles ne savent pas écouter, ou qu’elles ne prêtent pas suffisamment d’attention dans certaines circonstances.

Une écoute défectueuse est due à certaines erreurs commises lors de l’écoute. Mais, quelles sont ces erreurs? C’est notamment :

  • Le fait d’interrompre son interlocuteur. C’est l’erreur la plus grave. Ceux qui interrompent passent presque toujours leur temps à préparer la réplique à ce qu’ils entendent, et non à écouter ce qu’on leur dit. Ils ne s’intéressent qu’à leurs propres idées. C’est pourquoi ils prêtent rarement attention à ce que les autres disent, et avant tout, ils cherchent l’occasion d’intervenir par une objection quelconque, qu’ils considèrent comme appropriée.
  • le manque de contact visuel. Il s’agit d’une autre erreur qui dérange. Les interlocuteurs qui ne regardent pas la personne qui leur parle, donnent une impression de désintérêt et de méfiance.
  • L’interlocuteur qui s’ennuie. L’interlocuteur qui s’ennuie agit comme s’il savait déjà tout ce qu’on va lui dire.
  • L’interlocuteur sélectif. Il choisit les parties de la conversation qui lui paraissent intéressantes et rejette le reste.
  • L’interlocuteur suspicieux. L’interlocuteur sur la défensive déforme ce qu’on lui dit et le perçoit comme une attaque personnelle.
  • L’interlocuteur insensible. C’est celui qui n’arrive pas à détecter les sentiments ou les émotions qui sont cachées derrière les paroles.

Notre thème du jour c’est : les obstacles à l’écoute de la parole ; mais quels sont ces obstacles ou les mauvaises habitudes d’écoute ?

 IV. Mauvaises habitudes d’écoute

  • Laisser entendre à notre interlocuteur qu’il perd son temps en parlant avec nous.
  • Ne pas cesser de bouger dans tous les sens en étant impatient de s’éloigner.
  • Ne pas donner de signes extérieurs indiquant la compréhension.
  • Anticiper ce que va dire la personne qui parle. Ou compléter ses phrases sans la laisser terminer.
  • Exprimer en d’autres termes ce qui a été exposé. Afin de lui donner un sens différent de celui qu’il avait à l’origine.
  • Formuler une question à laquelle il a déjà été répondu.
  • Contredire ce qu’a dit l’autre, sans lui donner la possibilité de préciser ce qu’il a dit.
  • Interrompre le dialogue pour parler au téléphone ou pour s’adresser à une autre personne.
  • S’approcher trop de la personne qui nous parle.

Les mauvaises habitudes abondent parce que nous n’avons pas été instruits correctement. Ecouter est l’aspect le plus négligé et le moins compris de l’art de communiquer. Ecouter pour parvenir à percevoir n’exige pas de diplôme universitaire, mais doit s’apprendre. Et il est nécessaire de s’y exercer pour parvenir à bien le faire.

Pour ne pas tomber dans ces mauvaises habitudes d’écoute, il ya 7 règles à observer :

 V. Sept règles de base pour apprendre à écouter

Ecouter semble très facile, mais exige un apprentissage. Il ne suffit pas d’entendre. Ecouter requiert attention et discipline. Les sept principes suivants se sont révélés efficaces pour capter à fond les messages d’un interlocuteur :

  • Regarder le visage. Si on est en train de faire autre chose. Il faut laisser de côté cette activité et fixer le regard de l’interlocuteur, pas constamment ni avec un air de supériorité ou de manière inquisitoire ;
  • La posture est significative. Lorsqu’on est assis, s’incliner légèrement en avant est une claire manifestation d’intérêt pour ce que dit la personne qui parle.
  • Montrer avec les gestes l’intérêt que l’on porte à ce que l’on est en train d’entendre. Mais sans exagération : hausser les sourcils, opiner de la tête, sourire quand la conversation le demande…
  • Accompagner l’attitude d’écouter attentive par des phrases appropriées comme : « je suis d’accord », « bien sûr, bien sûr ! », « je comprends ton point de vue ». Nous aimons tous vérifier que notre interlocuteur capte les idées que nous tentons de lui transmettre.
  • Poser des questions sensées, courtoises et opportunes. On peut encourager la personne qui parle en formulant des questions qui montrent le réel intérêt de l’auditeur
  • Ne pas interrompre ni contredire. Il est nécessaire de laisser celui qui parle terminer l’exposé complet de sa pensée avant de commencer à formuler la nôtre. Et notre objectif ne doit jamais être. En aucun cas, de démontrer à l’autre personne notre point de vue de façon assertive et à la première personne du singulier.
  • Ecouter encore un peu plus. Lorsqu’on pense avoir terminé d’écouter, on doit prolonger son attention pendant encore trente secondes.

 VI. Conclusion

Soyons patients à écouter la Parole de Dieu, à écouter notre conjoint(e), écoutons avec attention, avec intérêt afin de porter beaucoup de fruits, c’est à cela que nous sommes appelés. Cette fois-ci nous ne devons pas endurcir nos cœurs (Hb 4,7) mais croyons à la bonne nouvelle et nous serons sauvés. Amen.

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