Fidèle Zegbe Zegs
En ce mois d’avril 2007, l’Eglise catholique célèbre la fête de Pâques, une occasion propice pour chaque membre d’une famille chrétienne d’entreprendre, avec la résurrection de Jésus notre Seigneur, une réflexion profonde sur sa vie d’homme, sa vie de père, de mère ou d’enfant, membre d’une famille chrétienne. L’occasion est aussi indiquée pour une introspection et une réévaluation de notre foi, sujet à la fois difficile et important pour toute famille chrétienne.
De nos jours, quelle famille chrétienne essayant de mettre en pratique la parole de Dieu et d’éduquer ses enfants dans la foi n’a-t-elle pas entendu des critiques du genre : « la foi n’existe pas », « vous faites erreur, le modèle d’éducation chrétienne que vous donnez à vos enfants, c’est du passé, soyez modernes, laissez vos enfants libres de faire ce qu’ils veulent ? ». Oui, il paraît qu’il faut s’adapter à son temps ! Dans un environnement où l’orgueil aveugle nombre d’entre nous, où les valeurs chrétiennes sont négligées au profit des valeurs matérielles, être chrétien et surtout afficher sa foi est devenu une tâche lourde pour beaucoup de chrétiens. Certes, les membres d’une famille chrétienne ne peuvent pas vivre dans une bulle, mais quand on a la grâce d’avoir la foi en Dieu et d’évoluer dans une famille chrétienne, on ne doit pas avoir honte de clamer haut et fort sa foi et l’amour de Dieu pour les hommes. Du reste, Timothée suggère aux chrétiens la réponse à donner à ceux qui les critiquent parce qu’ils manifestent leur foi au grand jour et sans égard « aux qu’en dira-t-on ». Il écrit que « (…) les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes. Toi, reste attaché à ce que tu as appris, et qui est l’objet de ta foi, tu sais de qui tu l’as appris ».
La foi, c’est d’abord dans la famille qu’on nous l’a apprise, puis nous l’avons affermie en écoutant la parole de Dieu dans l’Eglise et en la mettant en pratique. Notre identité chrétienne ne nous vient pas de notre mode de vie, « moderne » ou « passéiste ». « Vous êtes le sel de la terre », a dit Jésus. En effet, le chrétien ne se définit pas d’abord par ses responsabilités politiques, sociales ou au sein de l’Eglise, c’est la grâce du baptême qui nous fait membres du christ. Et, par la foi, le chrétien se sait et accepte qu’il est créé par Dieu, sauvé par la mort et la résurrection du Christ à cause de ses péchés. En effet, « Dieu nous a sauvés non en vertu d’œuvres que nous aurions accomplies nous-mêmes dans la justice, mais en vertu de sa miséricorde, par le bain de la nouvelle naissance et de la rénovation que produit l’Esprit Saint. Cet Esprit, il l’a répandu sur nous avec abondance par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, selon l’espérance, héritiers de la vie éternelle » (Timothée, 3, 5 – 7).
C’est pourquoi, la mise à l’épreuve de la foi chrétienne consécutive aux critiques sur le caractère dépassé du « modèle de la famille chrétienne » doit, au contraire, produire la patience (Jacques, 1, 3) et permettre à chaque membre de la famille chrétienne de donner, par son mode de vie ainsi choisie, des repères non seulement à ses enfants mais aussi aux autres hommes. En effet, grâce à la foi, les membres d’une famille chrétienne sont toujours en route vers Dieu et ce, malgré les tribulations. La conversion est continuelle, le désir ardent de vivre une communauté de vie, d’amour et de prière constituent pour eux des valeurs essentielles parce qu’ils connaissent les vertus et les attributs de la foi.
Que la fête de Pâques de cette année soit pour chaque famille chrétienne non seulement une fête de joie parce que nous commémorons la résurrection de Jésus Christ mais aussi une occasion de recueillement, d’écoute de la parole et de partage. Surtout, une occasion de témoigner avec ferté de notre foi de chrétien. Une occasion aussi de persévérer dans la prière malgré les critiques sur notre choix de « famille chrétienne ». Les grandes récompenses exigent de grands labeurs.
